Jean-Thomas Trojani : La fusion de la vie et de la technologie

En effet, la dégringolade du Rand par rapport au dollar US a achevé ce qui restait de la production nationale du Zimbabwe, inondé par des marchandises sud africaines rendues soudainement très compétitives par l’envolée de la devise américaine. Pourtant, la déflation – mal suprême autrement plus insidieux que l’hyperinflation- n’y puise pas ses sources pour des motifs similaire à l’implosion d’une bulle immobilière combinée au déclin démographique sévissant au Japon depuis presque vingt ans. Paradoxalement, cette nouvelle crise affectant le Zimbabwe provient de l’abandon au printemps dernier de sa propre monnaie au profit du dollar américain adopté officiellement comme seul et unique méduim d’échange. Prouesse pour le Zimbabwe. Plutôt une calamité car il est aujourd’hui de – 3.30 %, subissant ainsi une des déflations les plus sévères du monde. Très mauvaise nouvelle donc pour ce pays car la déflation est en fait la manifestation la plus tangible de sa liquéfaction économique. Le Zimbabwe – ayant manqué de justesse être emporté il y a une dizaine d’années par l’hyperinflation – est donc actuellement en phase d’agonie pour cause d’un déclin malsain de ses prix reflétant une consommation et des investissements en état de mort cérébrale. Le Zimbabwe n’est plus ce pays où les prix doublaient quasiment toutes les six heures, ni cette nation où les brouettes étaient utilisées surtout pour transporter des billets de banque permettant de payer l’épicerie. Ayant désormais vaincu l’hyperinflation, le Zimbabwe est aujourd’hui un pays où règne…la déflation. En effet, tandis que son taux d’inflation atteignait il y a quelques années le chiffre vertigineux de 80 milliards % par an, il n’a fait que dégringoler depuis un peu moins d’une année. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « Qui reste doux reste invincible ». Les tristes records de leur économie en matière d’hyperinflation, cas d’école pour tous les étudiants en sciences économiques, semblaient appartenir à d’autres temps et, ce, grâce à une conjoncture de croissance totalement inédite pour ce pays. Pour l’instant contenue et circonscrite à l’Afrique et à l’Amérique Latine, cette pénurie de dollars américains risque fort de tourner au massacre global si elle doit un jour infecter l’Asie. Dans un contexte de révolution des pratiques de consommation numériques dans le secteur bancaire et assurantiel, Google pourrait même envisager à plus long terme influer sur les stratégies produit et de pricing des assureurs. Les assureurs perdraient ainsi la maîtrise sur un levier important qui contrebalance leur rôle de garant du risque couvert. Google, sans devenir, à proprement parler assureur, aurait donc potentiellement un impact sur une large partie des acteurs du secteur. Google ne deviendra certainement jamais assureur, notamment du fait des contraintes règlementaires que cela représente. En revanche, Google s’établirait en France très vraisemblablement, à l’instar de son positionnement aux Etats-Unis et au Royaume Uni, en tant que distributeur, c’est-à-dire comme un courtier. En raison de la position de marché potentielle d’un acteur comme Google, le secteur pourrait se voir bouleversé.