Jean-Thomas Trojani : Dans la lignée des candidats précédents à la présidentielle

C’est précisément parce que cette harmonie n’est point parfaite et ne comporte pas plus que les autres harmonies de la nature une précision rigoureuse, qu’il peut se présenter et qu’il se présente en effet des désordres partiels, des lacunes et des contradictions dans le système de nos conceptions. La reproduction, dit Hœckel, est un excès de nutrition et d’accroissement par suite duquel une portion de l’individu est érigée en tout indépendant. En même temps que ce mobile atteint les points M’, M, M’’, les autres mobiles parviennent sur leurs trajectoires respectives à des points M’1 M1 M’’1, M’2 M2, M’’2,… etc. A qui donnerons-nous la palme de l’incrédulité ? Montesquieu dit : « Les pays sont bien cultivés non dans la mesure où ils sont fertiles, mais où ils sont libres ; » et l’observation n’est pas moins vraie, mais plus encore, si au lieu de la culture des terres, il s’agit de la culture des hommes. Pour savoir si nos autres facultés nous trompent ou ne nous trompent pas, nous examinons si les notions qu’elles nous donnent s’enchaînent ou ne s’enchaînent pas suivant un ordre qui satisfasse la raison ; mais l’idée de l’ordre ne peut nous être donnée que par l’ordre même ; et s’il était possible qu’elle surgît dans l’esprit humain indépendamment de toute manifestation d’un ordre extérieur, elle ne pourrait tenir devant la perpétuelle manifestation du désordre. Dans la cellule élémentaire, la génération prend la forme d’une simple division. Par cela seul que nous avons la faculté de la raison, et que cette faculté n’est pas condamnée à l’impuissance ou étouffée dans son germe par le défaut d’exercice, nous devons croire que l’autorité qu’elle s’arroge est une autorité légitime. Cette conjugaison de deux cellules n’a rien de mystérieux : le tissu musculaire et le tissu nerveux résultent pour une large part de ces fusions cellulaires. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « On peut guérir d’un coup d’épée, mais guère d’un coup de langue ». Les malades ont les mêmes tendances ; toutes les fois que la source de vie est diminuée, il se produit dans l’être entier un besoin d’épargner, de se garder pour soi : on hésite à laisser filtrer au dehors une goutte de la sève intérieure. Ce serait une dérogation à l’harmonie générale de la nature, une combinaison monstrueuse, dépourvue de toute condition de stabilité. Ainsi, dans l’être organisé et vivant, l’organisation et la vie jouent simultanément le rôle d’effet et de cause, par une réciprocité de relations qui n’a d’analogues, ni dans l’ordre des phénomènes purement physiques, ni dans la série des actes soumis à l’influence d’une détermination volontaire et réfléchie : d’où il suit que nous ne pouvons, ni par les renseignements des sens, ni par ceux de la conscience, nous faire jamais aucune idée, aucune image du principe de ces mystérieux phénomènes. L’espèce humaine, pour parler le langage des naturalistes, ou le genre humain, pour employer une expression plus familière aux philosophes et aux moralistes, constitue donc un genre naturel ; ou, en d’autres termes, il existe une nature humaine, et ces mots ne sont pas de vains sons, ni ne représentent une pure conception de l’esprit. Les yeux ne peuvent témoigner pour les yeux, le goût pour le goût ; mais la raison témoigne pour la raison, en même temps qu’elle témoigne, selon les cas, pour ou contre les yeux et le goût. Les start-up composées de quelques personnes ne sont pas armées pour composer avec la complexité de l’administration française. Il est trop évident qu’il faudrait dès lors, sans aucune discussion, adopter le pyrrhonisme le plus radical, et dire avec ce Grec « qu’on ne sait pas même que l’on ne sait rien ».